Mauritanie

2003

Oued Enouj - erg Eherour - dunes de Rkewiya

Ce deuxième jour au sein du désert mauritanien a été le premier à m'offrir cette liberté que je cherchais.
Vous m'accompagnerez lors de ce trajet menant de l'oued Enouj où nous avons bivouaqué, à travers l'oasis de Tanouchart, l'erg Eherour, jusqu'au bivouac dans les dunes de Rkewiya.

Traces des temps

J'ai été émerveillé par tous ces détails regardés, alors que le ciel emplissait mon champ de vision.

Il est question ici du temps, chronologique, météorologique
et de tant d'autres choses si indiscibles.

 

Le temps m'a offert sa singularité
il s'est simplement estompé
Visions des forces de la simplicité
L'horloge du temps s'est mise au diapason

des éléments de la nature
j'ai fait de meme
lachant enfin
toutes mes contraintes

il fait beau temps

J2
Mardi 2décembre 2003

Tanouchart - erg Eherour - dunes de Rkewiya
5 heures de marche

Cette nuit, le vent a été faible mais néanmoins rafraîchissant. Excité par ce voyage et plein du désir de profiter de chaque seconde, je me suis réveillé à 3 heure du matin pour profiter du ciel alors que la lune se couchait sous l'horizon.

Orion avait immanquablement changée de place, où est la terre qui avait profité de mon sommeil afin de faire un tour ?
Avec la luminosité de la lune disparaissant, des étoiles dont la magnitude ne transperçaient pas le ciel font leur apparition, remplissant la voûte de pleins de points envoûtants.
C'est ce spectacle qui me berce alors que je resserre les écoutilles de mon duvet. Il fait moins de 12°C, le silence est stupéfiant.

A 6 heure du matin, le passage d'Ahmadou frappant sur une gamelle, fait office de réveil matin.
- Salam Alleile koum Ahmadou, tu vas bien ?
Un vent de NNE me pique la peau alors que je m'extirpe de mon duvet. Je suis comme d'habitude nu dans ce réceptacle, afin de profiter du maximum de chaleur que prodigue le duvet au contact de la peau.
Oui voyageur épisodique : pour avoir chaud à l'extérieur, il convient d'être nu dans son duvet. La plume retient une couche de chaleur mince, mais à le température du corps, soit 37°.
Lorsque j'ai trop chaud sous ces contrées du sud, il suffit de mettre un Tee Shirt…Paradoxal non ?

Inutile de vous dire qu'avec le vent et 12°5, l'habillage est des plus rapide : chemise, polaire et Gore-Tex coupe vent.

Au loin, le feux des chameliers crépite.

La corvée, c'est de refaire les bagages en mettant un peu d'ordre à tout ce bordel lissé en vrac dans mon sac étanche hier.

Préparation du sac à dos de la journée qui ne va contiens que peu de choses : appareil photo et pellicules, la trousse à pharmacie minimale, plein de la gourde avec le micropur, ajout ce jour de 3 bonbons à la menthe forte sur les 1,5litres d'eau saumâtre, qui va faire disparaître ce goût de m… de l'eau : petite méthode mais très efficace.

Le petit déjeuner est copieux : pain, café, lait, le tout en poudre. Confitures, chocolat à tartiner, vache qui rit, et thé afin de bien s'hydrater avant de partir.

Vastitude de l'espace
portant la plénitude des pensées
En ce lieu où rien n'est le produit de l'homme
sa présence revet une dimension sacrée.

Les hommes sont ici plein de vie

 

Sidéral

 

Avec mes yeux je voguerai
vers les confins de l'inconnu
d'un seul souffle j'attendrai
le Sirocco et ses tribus
comète folle enracinée
encore plus loin j'irai.

Dans cette course
je file toujours
sous la contrainte
de cette terre que j'abandonne
Plus près je suis.

Aux fins fonds de l'univers
j'erre comme la lumière
venant de l'orée du temps
J'attends toujours
cette renaissance
de l'avant qui me succède.

Dans la queue
de la comète, nuage de glace
je guette et trouve cette chaleur
qui du Big-Bang
m'avait créé

Etreinte violente d'un instant
ensemençant tout mon vivant
c'est bien de fins que je suis né
me retrouvant enveloppé
de ces bras tourbillonnants
spirale féroce m'éjectant.

Ph R le 1 06 2003

 

Vision Khéops

C'est de l'infime
que nait l'immense
Ce caillou naissant du sable
me transporte vers un voyage
où c'est l'egypte qui se dévoile

La civilisation
n'est que reproduction
de la nature.

Les chameliers n'ont pas trop souffert du froid cette nuit. Mohamed qui a pris de l'aspirine est très content d'avoir enfin passé un moment sans douleurs. Ces dernières sont le commun de ces hommes rudes.

Nous partirons vers 8 heure avec un vent de dos rafraîchissant malgré les 18°C.
Je vais ce matin me gaver de photographies, immortalisant ces traces du sable que nous traversons.


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