Mauritanie

2003


Avant le départ
les 28 et 30 novembre 2003

Hier déjà, j'étais ailleurs sans imaginer que ce lointain était un beau trésor enfouit

 

Une porte vers ailleurs

Il me manquait la clef de ces chants lointains
la clef des songes

J'irai bientot de l'autre coté du miroir
comme Alice
tel Ulysse


CARNET: J-3
Le vendredi 28 novembre 2003:

"Partir, aller encore au loin vers ces antipodes pour me trouver enfin. M'échapper de moi-même pour mieux me retrouver.

Voyages, safara en ces contrées des altérités. Faire le point bien simplement sans user du sextant!

Cette chevauchée des dunes que j'espère et désespère depuis si longtemps, n'est qu'un chemin tracé, nécessaire à ma vie. Aller ailleurs. Se retrouver ici.

Utopie idéalisée sur le sol de Gaia, étape primordiale de la recherche d'une vie qui s'échappe. Quitter tout ce qui me bouge et m'accapare dans une vie si bien réglée, si déréglée. Quitter enfin ces plaisirs et ces tristesses m'envahissant souvent.

Aller

Marcher en avant vers l'inconnu, et oublier enfin ce vide environnant gouvernant mes pensées.

Je vais laisser derrière moi tout ces gens qui m'aèrent , ils sont si peu nombreux.

Mais ils viendront tous avec moi dans mon sac à dos sans surcharge!

Confrontation au simple pour gommer le complexe. Je le sens bien, demain, je vais renaître."

Distorsion du temps


C'était hier, toujours en France, le voyage donnait déjà des bénéfices
Franchissez avec moi la porte
qui gauchit le temps


CARNET: J-1

Dimanche 30 novembre 2003:

Lever à 6 heure du matin. Il y a bien longtemps que j'ai surpris l'aube. En ce froid matin d'hivers de novembre, je me suis levé tôt afin de ne surtout pas rater mon envol.

C'est à 11 heures que l'airbus 321 de la compagnie "Air Méditerranée" m'a vu quitter ce sol glacé de la contrée qui est ma terre.

11 heure sous 11°C.

Le départ est à l'aune de cette ambiance que je quitte. Deux agents de la sécurité me demanderont gentiment de leur laisser ma place afin qu'ils ne soient pas bloqués par ma présence prés de l'allée centrale. Il convient de toujours positiver ; je me suis retrouvé à l'avant de l'appareil, avec une vue magnifique sur le cockpit de pilotage, mais surtout avec cet énorme confort permettant d'allonger mes jambes sans rencontrer de siège devant.

4h 15 de vol sans problèmes sinon ce repas symboliques que je trouve insipide.

Le vol est direct de Marseille à Atar où nous atterrirons à 14h 15 heure locale. Il ne doit y avoir dans cette "grande" ville que cette aire qui dépose son lot de touristes.

29°C, bien supportable après cet été caniculaire subit au travail en provence. La polaire et le Gore Tex sont vites remisés dans le sac de voyage. Le lot habituel de vendeurs de chèche attend cette cargaison de chasseurs d'étrange.

Nous faisons connaissance mutuelle : nous sommes 10 à embarquer dans trois 4*4, avec un arrêt dans un gîte de cette ville où nous est offert un repas pris sous une khaïma. Poissons et légumes, ainsi que le premier rituel des 3 thés.

Trois heures de piste après 2 contrôles policiers rapprochés au sortir d'Atar. Direction Nord Est dans la poussière. Le chauffeur pousse son Toyota à 90 km/heure, évitant les innombrables nids de poule, mais il convient de s'accrocher. La nuit tombe rapidement vers 18h30, avec une belle lune.
Bien que pratiquement rectiligne au sein de rien, la visibilité se fait néant dans la poussière soulevée par les autres véhicules nous précédant, et que porte un vent d'est. Je pense à ceux qui passent leurs journée dans ces véhicules :effrayant ! Le cheich est bien utile pour se protéger de ce sable qui entre partout. Nous serons bien poudrés à notre arrivée.
Nous prendrons notre dernier repas à table, avec des chaises dans le gîte qui nous accueille : couscous maure avec une semoule aromatisée de feuilles de baobab. Nous faisons plus ample connaissance avec notre guide Ahmadou, un grand maure typé peul, ainsi qu'avec chacun.
Il fait toujours bon, mais certains ont froid malgré les 23°C.

Nous avons 2 khaïma avec des matelas biens épais, le sommeil sera facilement trouvé.


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